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 Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]

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Pays-Bas


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MessageSujet: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Lun 11 Juil - 23:38
1715.

Deux ans auparavant, les Provinces-Unies sortaient victorieuses d'une énième guerre qui avait coûté les yeux de la tête à la toute jeune nation qui entamait son déclin au profit de la France et de la Grande-Bretagne. Une fabuleuse époque de déclin économique au profit d'un débile britannique et d'un autrichien pompeux, et une époque où France essayait de coloniser tout ce qui pouvait être colonisé. Néanmoins, le redressement économique de l'Autriche à cette époque était en partie artificiel et l'autrichien n'était pas beaucoup mieux loti que les Provinces-Unies financièrement, malgré de très jolis faux semblants dont lui seul avait le secret.


1715. Se protéger des ambitions françaises était la priorité de Pays-Bas méridionaux fragilisés et de Provinces-Unies qui n'avaient que trop dépensé leurs ressources en guerres. S'allier avec ses deux ennemis historiques semblait la réponse la plus stratégique à offrir à ces ambitions démesurées.

1715. Le traité de la Barrière. Une barrière contre la France. Une barrière contre l'ennemi commun.

Dans la grande salle de réception dans laquelle s'étaient réunis une foultitude d'hommes politiques et autres nobles prétentieux qui pensaient connaître le monde, Autriche semblait plus grand et plus charismatique qu'à l'accoutumée ; quelque chose dans la décoration esthétique du lieu et la façon dont il se tenait montrait qu'il était à sa place dans ce monde. Le blond pour sa part n'avait jamais aimé ni les fanfreluches ni les litanies politiques interminables, et en cette matinée brumeuse, les discussions s'éternisaient, amenuisant au fil des minutes sa patience déjà limitée.

C'était avec une expression chafouine qu'il considérait l'autre nation, la moitié du royal couple Habsbourg, celle des deux qui avait un cerveau mais qui avait un faciès tout aussi propice à recevoir des claques que l'autre. En attendant que l'autrichien n'aborde les vrais sujets, il écoutait vaguement les conversations, n'attrapant au vol que les détails qui l'intéressaient et qui pourraient potentiellement tourner la situation à son avantage.
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Autriche


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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Mar 12 Juil - 0:17
La tumulte, le chaos, les bruits des préparatifs tendus pour une armée qui avait passée la nuit sur le qui-vive. Ses mains serraient l'épée tellement fort qu'elles avaient blanchi aux jointures, ses sens en alerte, tant et si bien qu'il manqua de ne pas se retourner alors qu'on l'interpellait. Autriche. En 900 ce nom était encore récent, tout comme cette nouvelle conscience qui liait le nommé à son nommeur, celui qui lui donnaît cette nouvelle raison d'être en tant que petite parcelle de territoire d'Europe centrale. Le royaume carolingien aux yeux bleus vifs le fixait avec une expression qu'il lui méprit naivement en fixant ce visage d'enfant à peine plus âgé que le sien. Il imaginait qu'il s'agissait de charitable bienveillance face à lui, face à ce territoire si facilement annexé et si serviable face à l'invasion barbare. Il ne comprit que bien trop tard, bien plus tard, qu'il s'agissait sans doute d'une pitié coupable mêlée de satisfaction face à la facilité de la tâche. Francis lui répétait encore que son rôle était très important, primordial même, contre les barbares qui menaçaient leur empereur bien aimé. Il n'avait pas besoin de lui parler autant que cela, le français...il avait une manière de jouer avec les mots qui l'impressionnait déjà, le dépassait. Ce n'était pas pour lui, le beau parler. Il se contenterait de l'épée, lui. Jusqu'à la fin - sans doute proche. Mais il répétait quand même ses mots retenus par coeur, comme une prière; comme pour s'en persuader encore davantage avec ferveur.

Je serai le bouclier du royaume de Charlemagne, contre les barbares car...



1715.

...tel est mon devoir.

Ce fragment de voix - la sienne, plus enfantine, quelque peu apeurée - lui parvenait distraitement avec un éclat de culpabilité, d'amertume, et il écarta cet écho de souvenir distraitement comme on chasse une mouche. Quant avait-il dit cela, déjà..?...ou plutôt, quand n'avait-il pas sorti cette excuse, ces dernières années...ces derniers siècles...? Suffit. Il avait un traité à élaborer.

Voilà le genre de choses qu’il appréciait bien plus qu’une bataille confuse et insensée. Oh il s’agissait encore d’un conflit…mais posé sur le papier et fort poliment, avec une pointe de venin. Il fermait les yeux et sentait comme un éclat de cette culpabilité une fois encore, mais envenimée d’arrogance. Et l'arrogance prenait le dessus. Il parcourait encore une fois la salle du regard, discernant les bruits de la foule et des discussions, les questions et les arguments fusant dans tous les sens. Devant lui, une liasse de papiers repris, des mots rayés, repris, ressassés. Il s'évertuait à ne pas tâcher ses mains d'encre. Il s'avérait que c'était encore plus difficile que d'en retirer le sang.

1715. Juste après la fin de la guerre de succession d’Espagne qui avait secoué le règne de la noble maison de Habsbourg et ses propres certitudes d’empire incontesté, intouchable. Le dernier Habsbourg espagnol mourait sans descendance, la branche sœur des Habsbourg d’Autriche s’éteignait, comme la promesse de domination d’un grand Empire Habsbourg s’étalant en Europe et au-delà des mers. Bien sûr que cela revenait de droit à la maison d’Autriche et son Saint-Empire Germanique. Il ne pouvait en être autrement.

C’était une affaire de famille. De mariage. De droit divin. Tout ce qui est terrestre est soumis à l’Autriche, disait la devise des Habsbourgs d'Autriche. Et Espagne était à lui. Espagne était le joyau de la couronne impériale qu’il se devait de posséder…protéger. Du pareil au même.

Mais la France ne l’entendait pas ainsi, et s’avisait de défier la suprématie des Habsbourg avec les prétentions ridicules des Bourbons. Alors ils s’entredéchirèrent à travers une guerre laborieuse, se battant sur les lambeaux de l’Espagne.

Question d’honneur de sa lignée impériale, de territoire, d’expansion.

Sans rancune. Et sans pitié.

Mais il s’épuisait à la tâche et ses ennemis tout autant. Et quand on avait fini de gaspiller son argent et d’épuiser ses ressources, on s’asseyait et on négociait. Tout pour avoir le dessus. Un échange de territoire par ci, une concession par là. A ce moment là l’Autriche savait peut-être que son âge d’or se ternissait, et que dans quelques siècles à peine ce serait l’existence même de son empire qui serait en jeu. Les traités se succédaient et au jeu des faveurs des puissants se heurterait bientôt un vent de révolte populaire, un rêve d’indépendance. Mais ce fait, il avait encore un peu de temps afin de ne plus pouvoir l’ignorer. En attendait les traités d’Utretch lui avaient fait obtenir l’Italie comme consolation d’avoir dû renoncer à l’Espagne, le cœur d’une dynastie centenaire qui lui échappait du bout des doigts. Et alors que le traité de Rastatt signé entre lui et France signalait la fin de cette guerre, ce qu’il perdait en prestige impérial il retrouvait en puissance territoriale. La possession des Pays-Bas espagnols et des territoires italiens le rendaient plus grand qu’il ne l’avait jamais été auparavant, son ombre s’étendant sur l’Europe de l’Ouest et du Sud, faisant reculer les désirs d’expansion de son ennemi juré français. Mais ça ne se terminait pas là. Il fallait écraser France, empêcher tout mouvement. Ce traité confirmerait l’occupation des troupes autrichiennes au sud du territoire des Pays-Bas espagnols et confirmerait son contrôle total du territoire, afin de protéger les Provinces-Unies. La « Barrière ». Oui, ce territoire serait surtout SA « barrière », un pivot stratégique utile qui renforçait sa domination.

Enfin, bien sûr il s’agissait d’établir une alliance, un accord. Le but était en théorie que chacun y trouve son compte. Et ses comptes. Il se méfiait de tout ce qu’il allait devoir à ce blond qui le fixait d’un air terne.

Provinces-Unies. Celui qui était susceptible de tout compliquer au lieu de se la fermer, trop imbu de son statut d’allié, on ne peut plus ‘heureux’ d’avoir pu se tirer de cette guerre tant bien que mal. Peuh. Bien sûr qu’un pays aussi petit n’avait rien de plus à perdre, contrairement à lui qui avait un certain…niveau à maintenir.

Mais Provinces-Unies était malin et de plus, fort antipathique par rapport à Autriche. Bien sûr qu’il allait essayer de rajouter son grain de sel concernant les argents pour dommages et entretiens des troupes qu’il lui devait.
Le but était en théorie que chacun se retrouve dans une situation mutuellement avantageuse.

Le but était en pratique de donner cette illusion mais de s’en tirer avec la situation la plus avantageuse.


"Je pense que nous pouvons tous nous accorder sur le fait que la présence des troupes autrichiennes ne fera que renforcer d’une part la protection qui pourra être accordée aux Provinces Unies et d’autre part empêcher toute avancée française vers le nord. C’est une situation on ne peut plus enviable que l’on vous tend sur un plateau… ! Ce serait presque œuvre de charité ! Et n’avons-nous pas besoin de tels actes de charité, face aux désirs impies du royaume de France… ?"


Il marque un temps de pause pour laisser les réactions amusées mais séduites de son auditoire faire leur effet. Mais il voulait susciter une réaction en particulier.


"N’êtes vous pas d’accord, Provinces-Unies… ?"


Il le fixait du haut de toute sa grandeur, imbu de ce magnétisme étrange qui nimbait d’assurance et d’éloquence ses moindres faits et gestes. Oui il paraissait plus grand, tout de noir vêtu tel l’aigle à deux têtes de son blason, une croix catholique d’or brillant entre les plis de son jabot. Cette grandeur était à l’image d’un pays à la tête d’un empire physiquement plus immense que jamais. Mais les vêtements sobres cachaient ses troubles économiques derrière les fadaises de puritanisme catholique de la cour de Vienne. Le tissu sombre cachait ses cicatrices. Et cette grandeur n’était qu’une illusion derrière la fatigue et la nausée d’une situation tendue, affaiblie, d’une peur: celle de ne jamais redevenir aussi puissant, ou de perdre cette nouvelle puissance du jour au lendemain. Il était souriant et serein, mais son regard brillait d’une ferveur assurée, dangereuse. Cette peur et cette soif de pouvoir le rongeaient lentement comme une fièvre. Comme une fièvre elles étaient brûlantes et frustres avec leur lots d’hallucinations et de rêves exaltés. Et tel un joueur de carte n’osant arrêter de jouer de peur d’abandonner la victoire mais craignant de perdre toutes ses cartes au prochain tour il s’acharnait avec le panache de celui qui croyait encore fermement que le droit divin était encore assurément de son côté.


"Je pourrais méprendre votre mutisme jusqu’ici pour un assentiment mais nous serions ravis d’en entendre la confirmation de vive voix !"


Le ton poli mais dégoulinant d’assurance arrogante déclencha quelques ricanements entendus et lui provoquaient un sourire presque insolent, un geste languide de la main comme pour inciter une réponse mais trahissait aussi un spasme nerveux d’impatience. Il le défiait du regard. Vas-y, joue le jeu. Cartes sur table.
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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Jeu 14 Juil - 22:44
Ses yeux avait depuis de longues minutes déjà choisi une autre occupation que l'observation des dizaines d'imbéciles poudrés et de peigne-culs arrivistes qui s'auto-proclamaient ducs, archiducs et que sais-je encore. Il avait assez soupé d'anglais pompeux qui donnaient des ordres et d'autrichiens agressifs qui se permettaient de parler à ses concitoyens comme des gueux de seconde classe. Dehors, les maisonnettes anguleuses d'Anvers brillaient doucement sous le soleil pâle du matin et il se prenait à rêvasser d'aller faire un tour seul dans les rues plutôt que de souffrir encore des heures de ces interminables discussions. De temps à autres, il ravivait le feu dans le fourneau de sa longue pipe en céramique blanche, installé dans un fauteuil comme s'il était dans son salon, et il adressait des regards lugubres et désabusés à l'assistance ainsi qu'au délicieux personnage austère qui dirigeait les conversations.

Bah. Rien de bien intéressant à voir de ce côté là. Chaque seconde passée à soutenir le regard du représentant de l'Autriche contribuait à aggraver son humeur, et malgré les années qui s'étaient écoulées et les quelques leçons de zen qu'il avait reçues par Japon, il était toujours bien incapable de rester doux et diplomate quand ses intérêts étaient bafoués. Au diable la guerre, au diable les bateaux dans les Caraïbes qu'il ne pouvait plus entretenir, au diable l'Angleterre et toutes les guerres qu'il avait gagnées ou perdues contre lui, au diable la France et ses ambitions de mégalomane au vit réduit. A croire que toute l'Europe avait quelque chose à compenser, à avoir à ce point besoin de conquérir toutes les terres environnantes pour s'agrandir, dans le seul but de pouvoir se regarder dans la glace et se rengorger en pensant à toutes ces nations asservies. Il ne faisait qu'à peine exception à la règle, mais la mauvaise foi restait sa qualité primordiale. Au diable Espagne et ses pathétiques tentatives de garder la tête hors de l'eau alors qu'il coulait à pic et que France n'avait plus qu'à l'emporter dans sa cage dorée sans qu'il ne puisse rien faire pour se défendre. Pathétique.

Le Rampjaar de 1672 avait plongé les Provinces-Unies dans les catastrophes économiques et Maarten n'avait récolté de tout cela qu'une propension encore plus forte à oublier de sourire. La façon dont Autriche s'adressait au grand blond vêtu de gris et de bleu terne ne lui plaisait pas, et il balayait la salle d'un regard las quand l'audience réagissait de façon positive à ce qu'il disait. Un beau ramassis d'imbéciles. Parfois sa seule satisfaction du jour était de savoir que le temps qu'il cligne des yeux tous ces types seraient morts et enterrés, emportés par le temps.

Deux ans avant la signature du traité de la Barrière, son âge d'or prenait fin et son ego s'était retrouvé écrabouillé et réduit au silence. On ne fait plus autant le fier quand on se rend compte de ses échecs. Il regardait Autriche et se demandait s'il était conscient que ce redressement n'était que factice, temporaire... Se croyait-il si grand, lui, coincé au milieu du reste de l'Europe face à la puissance française ?

Autriche : "Je pense que nous pouvons tous nous accorder sur le fait que la présence des troupes autrichiennes ne fera que renforcer d’une part la protection qui pourra être accordée aux Provinces Unies et d’autre part empêcher toute avancée française vers le nord. C’est une situation on ne peut plus enviable que l’on vous tend sur un plateau… ! Ce serait presque œuvre de charité ! Et n’avons-nous pas besoin de tels actes de charité, face aux désirs impies du royaume de France… ?"

Maarten se rappelait de quand il était môme, et qu'Espagne et Autriche lui paraissaient tellement inaccessibles, mystiques et cruelles figures d'autorité qui lui faisaient comprendre l'humilité et rêver d'arriver à leur niveau. Que d'eau, que d'eau avait coulé sous les ponts depuis cette époque. Et finalement, à revoir Autriche maintenant, il se souvenait qu'il ne les avait jamais vraiment supportés. Fallait-il qu'il fut jeune et naïf pour avoir vu en ces deux têtes couronnées des modèles à imiter. Expirant lentement la fumée de sa pipe, il observait Roderich et le trouvait insupportable.

Autriche
: "N’êtes vous pas d’accord, Provinces-Unies… ?"

Son regard bleuté soutenait celui de l'autrichien sans faire montre de la moindre soumission mais son expression était presque dénuée même d'animosité. Se redressant légèrement sur son fauteuil, tapotant la cendre de sa pipe, le hollandais comprenait qu'il ne pourrait pas rester silencieux toute l'après-midi, surtout que tous les yeux étaient posés sur lui maintenant. Dommage. Il aurait bien laissé l'autrichien monologuer, après tout ce dernier semblait visiblement grandement apprécier le son de sa propre voix.

Autriche : "Je pourrais méprendre votre mutisme jusqu’ici pour un assentiment mais nous serions ravis d’en entendre la confirmation de vive voix !"

De l'arrogance maintenant ? Allons. Ce n'était pas au vieux singe qu'on apprenait à faire la grimace, et si le blond n'avait pas de talent particulier pour comprendre les autres, il n'était pas dupe. Il savait reconnaître le bluff de celui qui sait qu'il n'a plus rien à perdre. Il n'aurait pas pu développer son commerce de manière aussi florissante s'il n'était pas meilleur que les autres à ce petit jeu là.

Provinces-Unies : "Inutile d'inverser les rôles."

Il reprit une bouffée de son tabac indonésien et continua :

Provinces-Unies : "Les Pays-Bas espagnols... Ellen. Ils te reviennent de droit puisque tu récupères tout ce qu'Espagne a laissé. Ne fais pas comme si tu me faisais une faveur à la protéger de France, je ne veux pas de ta misérable charité. Tes troupes iront chez ma soeur pour te protéger toi, parce que tu as peur de France."

Bien entendu, la Barrière l'arrangeait aussi, et il était hors de question de refuser cette offre. Mais on n'accepte pas une proposition en agitant la queue et en tendant des mains avides en sa direction ; on jouait les inaccessibles. C'était du 60-40 en sa faveur ou rien. Son regard se posa dans celui d'Autriche et il ne cilla plus pendant un petit moment. Ce n'était pas le moment de montrer un signe de faiblesse. Ce n'était pas le moment d'accepter qu'il n'était plus que l'ombre de lui-même et qu'il n'avait plus vraiment les moyens de se permettre de jouer les princesses capricieuses. Mais ça, Autriche n'était pas obligé de le remarquer. Finalement, les deux nations jouaient les coqs mais ils ne faisaient que fanfaronner et cacher les cicatrices. Triste époque.

Provinces-Unies : "Comme l'a décrété le deuxième Traité de la Barrière, je veux des places fortes aux Pays-Bas méridionaux. Je veux la libre circulation de mes troupes. Je ne peux pas garantir l'efficacité de la Barrière si mes hommes ne peuvent pas protéger le nord efficacement."

Il s'était levé pour donner plus d'importance à ses paroles et il posa une main à plat sur les documents qui s'entassaient devant lui sur la table.

Provinces-Unies : "Ah. Et je veux 1 250 000 florins."
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Autriche


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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Jeu 14 Juil - 23:09
Cette attitude lui donnerait des envies de meurtre. Mais était-ce seulement une préméditation de meurtre quand il s’agissait de celui d’une nation vouée à l’immortalité…du moins tant que son gouvernement et son peuple jugeaient bon de le faire perdurer… ? Le cœur d’une nation n’allait pas plus loin que la confiance qu’il vouait en son Etat, après tout. Il pouvait survivre pendant des siècles et se détruire en quelques mois. Il pouvait se perdre peu à peu en morcèlements de cultures, de territoires et d’identités, absorbées en un autre, disparaissant peu à peu en régions, en dialectes et en peuples épars, qui ne persistaient qu’à travers le souvenir. Non, étant donné l’agacement particulièrement mémorable que lui provoquait le néerlandais, ce n’était pas encore son cas. Toute pulsion "humaine" de le faire taire était vile et barbare. Et après tout, inutile. Si on voulait toucher une nation, il ne fallait pas atteindre le cœur, mais l’esprit.

"Tu sembles considérer ma garde de ta sœur comme un fait lâche et peu impressionnant, dû comme il est à une récupération en tout bien tout honneur des biens d’Antonio…d’Espagne. C’est effectivement un fait légal comme un autre."
Il fronçait légèrement les sourcils.

"Mais ne joue pas trop au jeu du mépris quand je peux décider aussi facilement du sort de ta sœur."
Il haussait un sourcil, le toisant avec une froideur calculée et calculatrice tout à la fois. Il étouffait avec véhémence la culpabilité et le frisson de dégoût de soi qui le traversait à ces paroles. Il repensait aux instants ô combien plus simples quand il pouvait encore visiter Belgique avec Espagne, qui traînait toujours un Italie du Sud ronchon avec lui, alors que Pays-Bas surveillait d’un air ténébreux, plus loin. Tout semblait plus simple…plus lumineux. Et la belge avait toujours un sourire chaleureux et accueillant.

Maintenant, il se rendait bien compte qu’un sourire pouvait être nerveux et que ne pas avoir le choix d’accueillir quelqu’un en sa demeure ne s’égalait pas à un lien véritable. Par ailleurs, Hongrie était bien placée pour le savoir et lui faire savoir. Et elle, c’était sans le sourire.

Mais maintenant n’était pas le moment de reconsidérer son comportement envers un territoire conquis. Faire preuve de gentillesse n’allait pas changer quoique ce soit. Et il n’avait pas le temps de faire preuve de faiblesse. Belgique, Provinces-Unies…ils devaient être des outils, des pions sur l’échiquier européen. Question de logique, sans sentiments autorisés.

"Elle n’est pas en position de puissance. Et si tu tenais un tant soi peu à sa sécurité et à sa longévité au sein de l’Empire, tu cesserais de confondre argumentation et insolence."


Il souriait légèrement, arrogant, sachant bien qu'il jouait avec le feu avec cette menace mais bien certain qu'il n'était pas en mesure de s'y brûler. " …quand à ma ‘misérable’ charité, Provinces-Unies, est celle que Dieu confère à l’empereur à la tête de ses territoires, chargé de veiller sur ces pays et de les protéger. En rejetant cette charité, tu rejettes l’œuvre et la mission divine… "
Il balaya cette idée absurde, hérétique de côté, avec un petit sourire. "…Ce n’est sans doute pas ce que tu voulais dire n’est-ce pas… ?"

Mais fais donc attention à ce que tu réponds, Provinces-Unies. Ici dans ce milieu affolé de bienséances, les opinions se resserraient rapidement et sèchement autour de l’intrus avec la violence d’une lame sur ta gorge palpitante.
Bien sûr que non, ce n’était pas ce qu’il voulait. Mais si le néerlandais possédait une qualité directe et brutale avec ses mots, telle une lame ayant perdu de sa pointe mais rien de son tranchant, il avait suffisamment de piquant pour lui tenir tête. Détruire sa capacité à se démener avec cet aplomb flegmatique qui l’enrageait.

"Prétendre que j’ai peur de France est une bien regrettable excuse pour tenter d’évader le fait que tu es, avec Belgique, dans une position bien plus vulnérable par rapport à lui…" Il le toisait d'un air condescendant. "…Si je retirais cette Barrière, serais-tu tenté de me traiter de lâche à la place pour vous avoir laissés à vos propres dépens face à lui… ? J’en ai l’impression. Il faudrait donc savoir ce que tu veux."

Il soutenait son regard fixe, digne et froid. Certaines des fioritures et des fanfreluches étaient tombées ; oui, ses mots tordaient et changeaient à sa guise ce qu’il disait, mais n’était-ce finalement pas afin de mieux leur convenir, à tous deux… ? Il n’agissait ainsi que dans leur meilleur intérêt ; et si il se montrait dur et arrogant, c’était parce qu’il fallait que l’un d’eux cède…et ce ne serait pas lui. Oh que non. Il se souvenait d’une pièce qu’il avait vue chez Angleterre il y a des siècles, ces mots qui lui avaient toujours paru si doux, et si…logiques. Ignorant qu’ils étaient prononcés par un être aigri de revanche et de pouvoir, par un Prince du Danmark dans un monde corrompu, peu avant sa mort violence.

I must be cruel only to be kind.

Cruel pour être tendre…

N’était-ce pas l’intérêt même d’agir froidement pour le bien commun… ?
Dans ses désillusions désespérées, sa délusion de grandeur épuisée, c’était le cas.


"Peut-être que cette Barrière se prouverait plus efficace dans ton esprit si tu te montrais plus coopératif. Tu agis comme si tu ne faisais que subir ce qui est, finalement, tout à ton avantage…" constatait l’autrichien d’un ton détaché.
"Si tes troupes circulent librement et dérangeaient le bon déroulement de la Barrière...tu t’empresserais de te plaindre envers moi. Ah, et tu veux 1 250 000 florins… ?"  Il haussa un sourcil, languide et sans concessions, bien qu'il grince légèrement des dents. Il n'allait pas échapper à l'affront de se faire extorquer par ce pingre, nul doute, mais il n'allait pas tendre gentiment la main pour se faire dévorer le bras.

"Nous voudrions tous 1 250 000 florins ici. Mais toi, aurais-tu au moins les moyens de justifier une telle demande par rapport à la Barrière…?" Il le toisait de haut, la tête légèrement inclinée, le regard d'un bleu violacé luisant froidement.


"Je n’inverse pas les rôles Provinces-Unies. Au contraire, je me montre très raisonnable. Tu ferais mieux d’en profiter non… ?"



Vu qu’après tout, tout comme moi, tu n’as pas le choix.
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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Jeu 14 Juil - 23:22
Pendant un long moment, la fumée langoureuse et disparate s'échappant de sa pipe blanche fut la seule réponse qu'il daigna accorder au monologue de l'homme qui lui faisait face. Les volutes s'évaporaient au rythme d'une respiration calme, impassible, malgré sa station debout : mais hors de question de se rasseoir pour l'instant, il lui fallait rester droit et déterminé pour ne pas laisser à Roderich la moindre chance de le placer en situation d'infériorité. Chose qu'il semblait essayer de faire à grands renforts de beau maniement du verbe. Les talents d'orateurs de celui qui a passé une éternité à cacher ses véritables émotions et pensées derrière des masques. Décorer la vérité avec un joli vocabulaire. Transformer ses pensées obscures en flèches fleuries qui visaient le coeur de ses adversaires avec la même précision qu'un archer au combat. Il se sentait en sécurité derrière ses belles phrases savamment orchestrées, très certainement. Pays-bas détestait trois choses par-dessus tout en ce monde : les hypocrites, les menteurs, et les voleurs. Dans son beau costume et ses lèvres déversant du poison sucré, l'autrichien incarnait, peut-être malgré lui, tous les défauts qui parvenaient à faire perdre au hollandais toute notion de politesse et de tact.

Quand il avait mentionné sa soeur, une violente vague de hargne avaient coulé dans ses poumons. Quelques décennies plus tôt et il aurait déjà coupé court à toutes discussions, sans demander son reste. Mais il n'était plus vraiment en position de sortir de la salle de cette façon. Son regard de glace fixé sur Roderich n'avait laissé transparaître à cet instant qu'un désintérêt tout contrôlé. Quand cet infect petit prétentieux avait sous-entendu que pour lui, Ellen n'était qu'un des biens de son précieux petit espagnol ("Antonio", et pas Espagne, la nuance ne lui avait pas échappé et il fut admiratif de l'attention que l'autrichien portait au détail), quand il avait osé dire qu'il pouvait décider du sort de la petite blonde, quelque chose s'était mis à bouillonner au fond de ses entrailles. Une lueur avait traversé rapidement son regard, mais il n'avait pas bougé. Il lui fallait plus de tabac. Inutile de briser des heures de self-control pour cela, n'est-ce pas ? Ravale ta fierté, Van Galen, ce n'est pas elle qui te sauvera des prétentions françaises. Pour l'instant, le seul à pouvoir t'aider est cette vermine poudrée qui te regarde comme si tu n'étais qu'un pauvre enfant perdu et inférieur.
Il te regardait souvent comme ça, à l'époque. Parce que tu n'étais rien, aux yeux de celui qui se prenait pour l'empereur le plus digne et le plus invincible d'Europe. D'une pichenette il t'aurait renversé. Il avait autorisé ton existence, et s'il ne l'avait pas fait, tu ne serais peut-être pas là pour le regarder méchamment.

Du haut de son trône doré aux côtés d'Espagne, ils étaient persuadés d'être bons et justes, sévères mais sages, cruels mais dignes. Et il avait laissé Ellen entre leurs mains griffues pour qu'ils continuent de nourrir l'espoir de contrôler l'Europe. Il avait toujours regretté de ne pas avoir lutté plus fort pour la sortir de ce nid de guêpes doré dans lequel elle avait voulu rester de son plein gré. Elle qui ne voyait pas quand on lui servait des mensonges sur un plateau argenté, elle qui ne comprenait pas qu'on lui faisait bouffer des sentiments et des promesses vides. Quand il avait tenté de lui faire comprendre, elle n'avait pas voulu le croire. Comment pouvait-on ne pas le voir ? Comment pouvait-on regarder le visage fermé de l'autrichien et y voir de la sincérité ? Tout son être puait le mensonge et la présomption. Oh, comme il aurait voulu voir ce joli visage de cire se craqueler sous le poids de sa culpabilité.

Autriche : "Elle n’est pas en position de puissance. Et si tu tenais un tant soi peu à sa sécurité et à sa longévité au sein de l’Empire, tu cesserais de confondre argumentation et insolence."

Il s'écarta de la table sur laquelle il avait posé le poing et rajouta quelques miettes de tabac dans sa pipe, nonchalant. Il ne répondrait pas. Comme un élève impétueux tenant tête à son professeur. La douce sensation de nicotine dans ses veines l'empêcha de faire craquer sa pipe en deux pour lui montrer ce qu'il aurait voulu faire avec sa petite tête bien coiffée.

Autriche
:  " …quand à ma ‘misérable’ charité, Provinces-Unies, est celle que Dieu confère à l’empereur à la tête de ses territoires, chargé de veiller sur ces pays et de les protéger. En rejetant cette charité, tu rejettes l’œuvre et la mission divine……Ce n’est sans doute pas ce que tu voulais dire n’est-ce pas… ?"

Les autres hommes présents dans la pièce attendaient avec impatience une réponse du hollandais à cette réplique qui sonnait davantage comme la pire des provocations que comme une innocente petite question. Maarten sentait le feu du mépris et de la colère au fond de son ventre commencer à le dévorer de l'intérieur. Ce n'était pas une bonne chose, mais il n'en faudrait pas beaucoup plus pour briser définitivement son attitude désenchantée qu'il arborait depuis le début des festivités. Il ne fallait pas qu'il perde à ce petit jeu. Il avait tous les droits de faire preuve de doléances concernant ce traité. Et il avait beau jouer les protecteurs avec sa petite soeur, le but restait bien de faire des Pays-Bas autrichiens un état tampon pour se protéger de Francis.

Provinces-Unies
: "Dieu a créé le monde, et les Néerlandais ont créé les Pays-Bas. Ils n'ont besoin ni de la charité de Dieu ni de celle d'un souverain fantoche. Je te conseille de faire attention à ta façon de me parler."

Il écarta sa pipe de ses lèvres pour expirer sa fumée, mais la remit dans sa bouche, pour s'abstenir de parler davantage et perdre le peu de courtoisie qu'il avait réussi à conserver jusque là. Son ton était sec, et il n'était pas difficile de voir qu'il suffirait de peu pour que les faux semblants tombent de son côté aussi. Les avis et les pensées de tous les autres personnages présents ici l'empêchaient pour l'instant de laisser libre court à son imagination, et comme la vulgarité hollandaise n'avait pas son pareil lorsqu'il fallait rappeler à une autre nation qu'elle n'avait pas le moindre droit sur son fier peuple... il lui fallait mieux se taire. Il ne tremblait pas, mais son sang lui semblait pareil à des flammes sous sa peau.

Autriche : "…Si je retirais cette Barrière, serais-tu tenté de me traiter de lâche à la place pour vous avoir laissés à vos propres dépens face à lui… ? J’en ai l’impression. Il faudrait donc savoir ce que tu veux."

Provinces-Unies : "Je n'ai pas besoin de tes menaces pour te traiter de lâche. Tu es un lâche et tu le sais déjà."

Cette fois, il le regardait dans le blanc des yeux, et n'était plus un gamin insolent que Roderich avait devant lui. C'était la puissance qui avait tenu tête à la mer et au monde et qui n'avait pas peur d'un petit dirigeant pompeux juché sur ses grands chevaux. Il n'avait pas eu peur de tenir tête au royaume d'Espagne, il n'aurait pas peur de tenir tête à l'autre partie du couple royal.

Autriche : "Nous voudrions tous 1 250 000 florins ici. Mais toi, aurais-tu au moins les moyens de justifier une telle demande par rapport à la Barrière…? Je n’inverse pas les rôles Provinces-Unies. Au contraire, je me montre très raisonnable. Tu ferais mieux d’en profiter non… ?"

Depuis le début de la conversation, le blond au regard profondément sinistre gardait enfermé au fond de lui le mélange ignoble de rage, de fierté, de faiblesse, de colère et peut-être de jalousie qui flambait en lui.
Oui, Autriche avait avec son empire tout ce que le hollandais avait toujours voulu avoir.
La richesse, les caisses pleines à ras bord. Le pouvoir, le contrôle de territoires stratégiques, la capacité de protéger les nations plus faibles. L'amour des dites nations, de sa soeur, et d'Espagne.
Mais l'envie et l'avarice qui détruisaient le hollandais de l'intérieur ne le feraient pas ployer aujourd'hui. Aujourd'hui, Roderich allait cesser de le regarder avec cette expression pincée et dédaigneuse qui le caractérisait, il ne poserait plus sur lui ce regard qu'un souverain pose sur son écuyer avant de le faire dégager du chemin d'un coup de pied. Il ne le tolérerait plus.
Cette dernière insulte lancée contre son intelligence acheva de laisser sortir tout le fiel qu'il aurait du garder enfermé pour ne pas ruiner la crédibilité que l'autrichien tentait avec brio de détruire.

Le couteau qu'il planta dans la table violemment sans quitter l'autrichien du regard fit résonner un craquement sinistre dans la grande pièce.

Provinces-Unies : "J'aurais 1 250 000 florins pour entretenir mes garnisons. J'aurais le libre accès de mes messagers militaires vers les places de garnison. J'aurais le droit d'installer des lignes défensives sur le Demer et l'Escaut. Tu vas sagement entretenir un corps d'au minimum 25 000 hommes sur mes territoires et tu vas aussi fermer cette grande gueule que tu ouvres et que tu fermes sans raison depuis vingt minutes avant que je ne te fasse taire de force."

Il avait perdu au jeu de fourbes qu'Autriche avait imposé. Mais peu lui importait. Il n'avait pas utilisé de ton aussi agressif depuis des années et ça faisait un bien fou de balayer la bienséance forcée de ces réunions du plat de la main sans réfléchir.  

Provinces-Unies : "Est-ce que je me suis bien fait comprendre."
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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Sam 16 Juil - 22:20
Alors que le craquement de la lame du couteau se plantant dans la table, alors que le néerlandais balayait de côté son désir de tenir tête et commettait sa première erreur d’impatience dans ces négociations, l’autrichien en commettait une d’autant plus grande, sinon davantage. Oui, il pouvait manier les mots, jouer avec les tournures de phrase, contrôler chaque intonation et chaque regard afin de manipuler, exaspérer, persuader. Mais il ne pouvait contrôler le sursaut qui le parcourait. Sans doute à peine perceptible pour la salle autrement distraite, mais à ses yeux, aux yeux de l’empereur faisant d’un visage fermé un art, effroyable.

Le fixant dans le blanc des yeux, la violence de l’acte le paralysant un instant critique, le souffle bloqué dans sa gorge alors qu'il débitait ses arguments. C’est qu’il n’aimait plus trop cela, les armes…pas de près.

Ils étaient trop nombreux, trop brutaux, trop violents. Il essayait, et perdurait, son épée grossièrement forgée taillant et fendant l’air, transperçant les Huns, alors que son corps entier protestait déjà, résonnant avec la douleur de son pays. Ce pays-bouclier contre une vague destructrice. Cette horde emportée et sauvage avait un meneur aux yeux verts étincelants qui l’avait « reconnu » et semblait déterminé à le détruire…ou de détruire celui qu’il protégeait. Mais que craignait-il… ? Personne. Rien, ni personne. Il était une nouvelle nation avec une croix sous son armure de cuir et des pater noster maladroitement prononcés dans une langue qu’il connaissait à peine, mais il avait encore la hargne destructrice et désespérée des Celtes, la protection de ses dieux désormais interdits. Et il avait France. C’est ce qu’il tentait de répéter encore et encore en levant son épée encore et encore. En rouvrant les yeux, fixant le ciel rouge sang, il ne pouvait pas bouger, uniquement sentir son souffle épars et le grognement faible de ses hommes autour de lui. Etait-il seul… ? Et finalement une silhouette, sa silhouette, lui tendant tranquillement une main gantée pour le relever. Il avait réussi…il l’avait protégé. Et il ne serait jamais seul. Le brun laissa paraître un sourire éreinté.

…Enfin, plus maintenant. Pas lorsqu’il pouvait s’en empêcher. Et certainement pas quand il y avait quelqu’un qui pouvait se battre à sa place, quelqu’un pour s’interposer. Il avait toujours été trop important pour…

C’est certain que s’ils étaient seuls, sans personne, sans compromis…oui, certainement, Pays-Bas aurait l’avantage.
Mais une voix néfaste lui murmurait la vérité.

On peut très bien être seul en étant entouré.

Mais soudainement il savait très bien. Il connaissait soudainement cette sensation qui l’attaquait plus violemment que n’importe quelle lame potentielle. Il pouvait sentir la curiosité et l’intérêt à travers la pièce, comme une onde de choc, les murmures indignés et intrigués.

Personne n’est là pour me protéger. Plus personne…et ceux qui étaient là avant me verraient volontiers poignardé dans le dos. Ils tiendraient probablement la lame. Combien de ses "alliés" ne souhaitent que cela, dès l’instant qu’il devient inutile… ? Oui, c’était un lâche. Mais tous, ne l'étaient-ils pas tout autant? N'était-ce pas leur hégémonie, leur dépendance qui les empêchaient de s'entre-trahir, de s'entre-déchirer...? Mais cet équilibre était fragile. Et la compassion et la solidarité n'existaient pas. Pas parmi ses congénères...et pas au sein de cette assemblée de diplomates hypocrites.

Ils veulent me voir lutter.

Ils veulent me voir tomber.

Ils veulent un spectacle.

Car les jeux ne sont-ils pas déjà faits ? Qu’important les barrières, les traités, les accords, les négociations…Finalement, tout s’arrange non pas sur le papier mais derrière les portes closes, entre deux regards entendus, des petits coups bas entre amis factices…avec les destins prédestinés de quelques bambins royaux…oh il s’évertuait à tout faire dans les règles de l’art…mais ne serait-il pas le premier à essayer de tout résoudre à l’amiable… ? En faisait des alliances qui n’avaient d’alliance que le nom, qui n’étaient qu’espionnages, coups arrangés, manipulations…

"La violence physique n’est d’aucune utilité ici, Provinces Unies ! Vous n’agissez pas en votre faveur."


Mais n’était-ce pas faux ? Car lui aussi venait de perdre son aplomb, fixant le blond avec une hargne bien moins dissimulée alors qu’il haussait le ton.

"J’espère que vous vous rendez bien compte que ce n’est pas en faisant taire votre interlocuteur que vous obtiendrez gain de cause, et encore moins son assentiment."

Son ton était froid et neutre, avec une formule de politesse glacée. Les gants de soie tombaient. Il savait bien. Il devait obtenir gain de cause…il n’y avait aucune autre solution. L’autrichien ne voulait simplement pas plier, se retrouver à genoux face à ses démonstrations de menace. Or, la dynamique avait changée. Ce n’était plus l’enfant taciturne et manipulable devant lui. Il le savait, et priait silencieusement pour que le reste de la salle ne s’en aperçoive pas trop vite. Il savait très bien que le néerlandais avait dû voir, en le fixant dans les yeux pendant son geste transgressif, la peur et la solitude subite, humiliante, celle qui s’était changée en arrogance défensive et glaciale.


"Je vous demanderai donc de m’adresser avec le respect qui m’est dû afin que nous puissions procéder dans un contexte civilisé. A cet effet, veuillez ranger votre arme. Nous n’allons pas avoir recours au duel ici…nous ne sommes point à la cour."


Quelques rires dissimulés. Mais on riait jaune. Un duel avait un sens plus différent pour un humain qui risquait fort d’en mourir que pour une nation qui demeurerait éternelle. Car lui pouvait combattre encore et toujours et se relever face à la morsure d’une lame. Sa vraie mort, si elle venait un jour, il la connaissait déjà. Ce serait un contrat signé et une poignée ferme de la main, un tonnerre d’applaudissements.

Soudainement il repensait à ce petit Celte seul dans le champ de bataille d’un monde à peine civilisé. Et il se demandait quelle mort était préférable.
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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Mer 28 Déc - 13:01
Les comtes et généraux présents dans la grande pièce bien décorée n'osaient qu'à peine intervenir, mais se trouvaient sans doute fort bien divertis par la petite saynète qui se déroulait devant leurs yeux amusés. Maarten avait horreur de se montrer en spectacle. Il détestait être le centre de l'attention, être le bouffon qui amuse la galerie ou le personnage principal qui impressionne son public sur le devant de la scène. Il appréciait l'humilité, la modestie, et ses éclats d'émotion ne concernaient que son interlocuteur principal, et pas d'éventuels spectateurs. Cela n'arrangeait pas du tout son humeur déjà massacrante. Il n'avait pas le choix cependant, et il lui faudrait faire abstraction de ces présences gênantes. Qu'ils soient là ou non, c'était une affaire entre lui et l'autre nation.

Autriche : "La violence physique n’est d’aucune utilité ici, Provinces Unies ! Vous n’agissez pas en votre faveur."

Aussi détestable que cela puisse être de se l'avouer, l'aristo avait raison. La violence n'avait pas sa place dans une salle où devait se signer un traité entre deux nations qui avaient besoin l'une de l'autre pour survivre contre l'ennemi commun. Et quel ennemi ; un français au summum de son arrogance, dont les ambitions coloniales ne se contentaient plus des pays lointains. Lui aimait se donner en spectacle, lui aimait briller comme un soleil au coeur de l'Europe qu'il voulait dominer. Et s'il fallait que les Provinces-Unies fassent montre de diplomatie avec ses anciens ennemis pour s'en protéger, il ne serait pas possible d'y échapper. Depuis bien longtemps les scrupules avaient quitté l'esprit du néerlandais : utiliser sa soeur bien aimée comme bouclier humain contre un impérialiste aux dents longues ne le ferait culpabiliser que longtemps après. La principale action à mener était de la libérer du joug de la branche espagnole des Habsbourg, eut-il fallu pour cela la donner en pâture à la branche autrichienne sans lui demander son avis. Ses propres intérêts en dépendaient, et Maarten avait cessé depuis longtemps de penser aux autres. La fin justifiait les moyens, et les moyens, il suffisait de les prendre. N'importe ou, à n'importe qui, sans demander, sans s'excuser, et sans jamais se sentir coupable. Jamais il n'aurait pu espérer arriver à la cheville d'Autriche s'il n'avait pas suivi l'exemple des Habsbourg, jamais il n'aurait été là, plus grand que son adversaire, à pouvoir exiger de lui de l'or et des places fortes. Il n'aurait jamais été qu'un gosse qui regardait d'en bas ce grand homme au port altier qui n'avait qu'à peine besoin de hausser le ton pour donner des ordres et se faire obéir, et qui d'un geste élégant de la main pouvait faire disposer ses soldats ou ses serviteurs, ou les autres nations.

La voix d'Autriche avait, de manière infime, perdu de sa superbe. Personne d'autre n'avait du le remarquer. Mais Provinces-Unies le connaissait. Réciproquement, et malgré les apparences, ils se connaissaient assez pour saisir les subtiles nuances dans leurs changements de ton, et la conduite à tenir pour éviter que cela ne mène au désastre.
Maarten ne l'avait pas toujours détesté. Il lui vouait la même admiration que l'on porte à un parent et qui se retrouve brisée en morceaux lorsque l'enfant comprend que le modèle n'est pas si parfait qu'il le croyait.

Autriche : "Je vous demanderai donc de m’adresser avec le respect qui m’est dû afin que nous puissions procéder dans un contexte civilisé. A cet effet, veuillez ranger votre arme. Nous n’allons pas avoir recours au duel ici…nous ne sommes point à la cour."

Le grand blond se rassit, furieux néanmoins, obtempérant plus ou moins sous les rires jaunes de l'assemblée, mais sa lame resta fièrement et insolemment plantée dans le bois de la table. Leurs petites disputes et contrariétés personnelles allaient sceller le sort des habitants des Pays-Bas espagnols, et aussi probablement le leur, alors il n'avait pas plus de temps à perdre en colère vaine. Lui en train de perdre sa guerre contre Angleterre, Autriche en train de perdre son hégémonie sur l'Europe, Espagne qui n'avait déjà plus que ses yeux pour pleurer sa gloire passée, et Francis qui tendait les bras pour tout ramasser, le sourire aux lèvres. Il sentit un frisson le parcourir : ils étaient pathétiques. Ils tentaient de se raccrocher désespérément à des parois glissantes, et ils perdaient leur temps en pourparlers. Sa fierté, déplacée, disproportionnée, envahissante et métastasée avec les siècles, l'empêcherait pourtant de mettre un terme à ces disputes improductives. Celle d'Autriche rendait sa voix glaciale et réduisait à néant son calme arrogant, le grand roi d'antan se trouvait contraint à parlementer avec son ancien vassal sur un pied d'égalité.
Leur fierté qui les perdrait tous les deux. En fait, ils se ressemblaient plus qu'ils ne voulaient bien l'admettre.

Provinces-Unies : "J'aurais mieux fait de la lancer entre tes deux yeux. Un de tes sous-fifres aurait ratifié le traité à ta place et j'aurais économisé mon précieux temps."

Rallumant sa pipe d'un mouvement agacé, il expira de la fumée et observa un instant le plafond sans rien ajouter pendant de longues minutes. En fait, il se remémorait une scène de sa jeunesse, où durant une froide soirée d'hiver il s'était glissé hors de sa chambre pour errer et découvrir le palais Habsbourg, qui l'impressionnait de son immensité. De longs couloirs ornés de tapisseries délicates, des tapis rouges moelleux sous ses pieds nus, passer du froid des chambres des nations vassales à la chaleur moite et douce des quartiers d'Espagne et d'Autriche. Le petit hollandais sans nom n'avait pas à être là, et il le savait, mais il sentait au fond de ses entrailles qu'il devait explorer, découvrir, et que rester à sa place ne serait jamais suffisant. Au détour d'un couloir, après avoir hésité longuement à voler un des chandeliers en or, il découvrit la porte entr'ouverte d'une pièce bien éclairée, aux rideaux rouges, et la chaleur de la cheminée lui donnait envie d'aller se blottir devant le reste de la nuit. Malheureusement, l'endroit n'était pas vide, et le petit blond réprima un sursaut quand il remarqua la présence d'Autriche, assis dans un fauteuil moelleux, qui observait un plateau d'échecs devant lui. Maarten ne se souvenait plus exactement de la conversation qui s'en était suivie ; il lui semblait s'être fait légèrement rabrouer, qu'il n'avait pas à être là, mais qu'il pouvait venir s'essayer aux échecs pour passer le temps. Intimidé et effrayé, l'adolescent avait grimpé sur le fauteuil d'en face et il avait tenté autant que possible de cacher qu'il n'avait jamais vu ce jeu et qu'il était absolument incapable d'en énoncer la moindre règle. La honte lui écrasait la poitrine et il sentait son visage bouillir de gêne à chaque seconde, jusqu'à l'instant fatidique où il allait devoir jouer. Le regard affecté et la présence charismatique de l'autrichien en face de lui le mettaient horriblement mal à l'aise, et s'il ne se souvenait pas exactement des mots utilisés, il se souviendrait toujours d'avoir eu l'impression de s'entendre dire qu'il ne saurait jamais jouer, et que ce n'était pas sa place, qu'il devait savoir rester à sa place. Peut-être l'autrichien ne lui avait-il même pas dit ça, peut-être n'était-ce que la susceptibilité à fleur de peau de l'enfant hollandais qui lui avait modifié la mémoire, mais à partir de ce moment, il n'avait plus réussi à se défaire d'une sensation de rage dès qu'il se trouvait en présence d'Autriche.

Des siècles plus tard et il ressentait toujours la même chose.
Il éloigna sa pipe de ses lèvres et à la froideur de l'aristocrate il répondit avec le flegme de l'insolent qu'il ne cesserait plus jamais d'être.

Provinces-Unies : "Mais si c'est un duel qu'il te faut pour reprendre tes esprits et me donner ce que je demande, je me ferais une joie de t'écraser. Ici et maintenant. Sans témoins."

Il observa les clampins aux alentours qui eux n'étaient pas habitués à ses regards sinistres et qui n'osèrent pas se réjouir de l'idée d'une distraction improvisée au milieu de ces paperasses ennuyeuses.

Provinces-Unies : "Rien que toi, moi, et une épée."

Le regard fixé sur son vis-à-vis et le ton autoritaire, il empoigna la garde de son couteau pour le retirer sèchement du bois qui émit un craquement lugubre, et pointa la lame en direction de l'autrichien.

Provinces-Unies : "Ou bien tu arrêtes de me faire perdre mon temps, et tu signes ce maudit papelard qui stipule que tu vas me donner 500 000 écus et quelques places fortes à tenir sur le territoire de ma soeur qui va t'appartenir. Pendant que je supportes tes frasques, ton précieux petit espagnol est en train de tomber aux mains de France, et bientôt ça sera notre tour. Je ne sais pas toi, mais l'idée me rend malade."

S'il fallait qu'il tombe, il ne tomberait pas seul. Et surtout, il tomberait les poches pleines.
L'or amortirait la chute.
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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Ven 10 Fév - 15:53
"J'aurais mieux fait de la lancer entre tes deux yeux. Un de tes sous-fifres aurait ratifié le traité à ta place et j'aurais économisé mon précieux temps."

Insolent...arrogant...un véritable enfant. Rien n'avait changé. Sauf qu'à présent, il était censé parlementer avec...et supporter ces humeurs comme un parent patient qui se faisait néanmoins insulter et qui devait payer en plus du reste. L'enfant avait grandi, néanmoins. Et sa patience s'effritait.


"Mais si c'est un duel qu'il te faut pour reprendre tes esprits et me donner ce que je demande, je me ferais une joie de t'écraser. Ici et maintenant. Sans témoins."


Tiens donc, un duel. Il le toisa d'un air calmement agacé. Son regard fit ce petit aller-retour assassin entre le regard insolent du néerlandais et le petit poignard planté sur la table avant de le fixer de nouveau, haussant légèrement un sourcil comme pour commenter sur la taille de son arme par rapport à la grandeur de ses dires. Il en avait vu d'autres. Il y aurait, ma foi, bien des choses à dire. Mais il préférait les non-dits aux vulgarités.


"Rien que toi, moi, et une épée."


Deux épées, il supposait, ou le combat allait s'avérer intéressant...à moins qu'il ne compte pas le cure-dents qu'il brandissait maintenant en sa direction comme une véritable épée, ce qui était rassurant. A vrai dire, c'était avec un humour sec que l'autrichien envisageait cette proposition dans sa tête car elle lui paraissait tout à fait inconcevable. Pour l'instant.

"Ou bien tu arrêtes de me faire perdre mon temps, et tu signes ce maudit papelard qui stipule que tu vas me donner 500 000 écus et quelques places fortes à tenir sur le territoire de ma sœur qui va t'appartenir."

Maladroit dans ses marchandages, dans ses compromis pleins de grandes paroles et de gestes trop brusques. Il se souvenait il y a longtemps, très longtemps, d'un petit vassal regardant d'un air perdu mais déterminé à comprendre, le jeu d'échecs entre eux. L'autrichien avait toujours pour habitude de jouer seul. Il le faisait afin d'aiguiser son esprit, déjouer les manipulations et les stratégies en s’immisçant au cœur de ces complots malsains et convenus qui faisaient tourner l'Europe comme une machine infernale, une horloge faisait un décompte inévitable vers un désastre dont il devait s'en sortir avec une réputation indemne. Plus d'emprise, de pouvoir, de contrôle. C'était un jeu de nerfs. C'était un jeu sans cœur. Il se souvenait vaguement d'avoir dit à la jeune nation qu'il ne saurait jamais jouer comme lui. Qu'il devait rester à sa place. Que c'était mieux pour lui. Avec une amertume dans le regard qui était mêlée d'une certaine tendresse hésitante. C'était mieux ainsi. Qui voulait devenir à tours marionnette et manipulateur dans un jeu d’ombres et de conspiration? Si il était resté à sa place, peut-être qu'il serait heureux. Mais être heureux voulait dire baisser sa garde. Ce n'était pas compatible avec le devoir de protéger et le désir de conquête, avec la gloire impériale.Quand on baissait sa garde on oubliait qu'on était en plein milieu d'un jeu de pouvoir. Et on se faisait mal. Et à cet instant précis les prochaines paroles du néerlandais ravivaient cette douleur.

"Pendant que je supportes tes frasques, ton précieux petit espagnol est en train de tomber aux mains de France, et bientôt ça sera notre tour. Je ne sais pas toi, mais l'idée me rend malade."

C'était la phrase en trop.

Les mots en trop. "Ton précieux petit espagnol." Sa main élégante se crispa sur le papier du traité, au risque de le froisser. Soudainement, il devait se retenir pour ne pas tout balayer de la table d'un mouvement de bras et saisir le pommeau de son épée pour faire jaillir une lame froide. Il savait que ces intentions se lisaient dans son regard. Pour la première fois depuis le début de cette farce, il n'en avait cure.

Quand est-ce que c'était, la dernière fois qu'il avait baissé sa garde? C'était il y a des années, bien des années, des siècles, nimbé par le soleil d'une matinée méditerranéenne auquel il avait fini par s'habituer, allégé par les effluves d'un vent marin. Il avait retiré ses gants de soie, pour sentir la texture des étranges ornements d'un or brut et scintillant entre ses doigts pâles, de l'or d'un Nouveau Monde. La main de l'espagnol était plus rugueuse, affermie par le sel de mer et la garde de son épée, mais plus chaleureuse, en posant un étrange fruit rond entre ses mains, rond et rouge...on aurait dit une pomme, mais en plus doux - et quand l'espagnol l'exhorta à croquer dedans et qu'il accepta en grommelant légèrement, c'était étrangement sucré et amer à la fois. Apparemment c'était une tomatl. C'est comme ça qu'ils les appelaient dans le Nouveau Monde. Mais l'autrichien répliqua d'un air grave qu'il appellerait cela un "Paradeiser", fruit du paradis, vu qu'il provenait d'un nouveau Paradis terrestre. Et l'espagnol avait ri aux éclats. A cet instant il s'était fait la réflexion paresseuse, passagère, que le vert malicieux et tranquille de ses yeux était bien plus...intéressant que cet or, que la couleur intense de ces "fruits de paradis." Mais il n'avait pas les mots pour le formuler ou même le courage de l'exprimer, par honte, par pudeur et par désir de garder un secret pour lui. Alors il se contenta de rire à son tour. Comment l'exprimer ce qu'il ressentait dans ce moment tellement vulnérable...de mortel? Un sentiment d'égalité, de sécurité, de protection, mais plus encore.

Il avait envie de rire aux éclats de nouveau, de désespoir cette fois. Bien sûr il avait baissé sa garde; il s'était trompé. Ce n'était qu'une confusion; chacun n'était qu'un pion dans le jeu de l'autre. Il avait su tirer ses épingles du jeu sans y perdre toutes ses plumes. Mais il avait perdu quelque chose. Et savoir que France avait ce qu'il avait perdu, le retournait contre lui, brisait ce qui restait de lui et de ce qui était à lui le mettait dans une rage qu'il n'arrivait pas à rationaliser. C'était dangereux. Et savoir que le néerlandais avait sciemment choisi de l'atteindre de cette manière brisa sa patience. Et le désir d'en finir avec ce traité se mêla à une malsaine envie de le rabaisser et regagner sa propre fierté.

Trop tard pour revenir en arrière.

"Si vous l'aviez lancé entre mes deux yeux, je n'aurais pas eu à subir ce monologue pénible. Mais c'est trop tard." Son regard scintillait calmement, dangereusement, son ton doucereux et presque patient, comme s'il expliquait son erreur à un enfant. Encore une fois, des siècles plus tard.

"Tu penses donc qu'en guise de marchandage tu me ferais soit choisir entre un duel à l'épée pour te 'donner ce que tu demandes' si tu gagnes...et un papier à signer pour te donner ce que tu veux tout de suite? Tu essayes de t'ériger en être raisonnable face à mes "frasques" alors que tu proposes en somme un règlement de comptes personnel afin de déterminer le futur à la fois de ta nation et celui de ta sœur...ainsi que celui de la sécurité de l'Europe face à France."

Il retira calmement ses gants, après avoir reposé le traité qu'il tenait soigneusement.


"Je ne vais pas accepter ta requête de duel en échange de la vaine possibilité de garder une poignée d'écus et de territoires. Le futur de l'Europe ne se jouera pas sur une histoire d'avarice et de susceptibilité."


Il haussait un sourcil, avec un léger sourire entendu masquant à peine sa fureur face à cet être arrogant lui faisait face. Non. Il aurait simplement l'air désespéré. Et la fierté...la fierté valait tout l'or du monde. La fierté et une vengeance sombre, rageuse, désespérée.


"Mais j'accepterai de le signer seulement quand tu auras reconnu ta véritable place et le véritable but de ce traité, au lieu de jouer à me résister comme tu le fais. Et si seule une lame pourra délier ta langue et provoquer ton humilité, pour le bien de ton pays et de ta précieuse. petite. sœur..."


Son inflexion sur ces trois derniers mots froide, appuyée, vénéneuse. Lentement, patiemment, il posa les gants de soie sur le côté et plaça sur ses mains des gants de cuir, noirs, remontant jusqu'à couvrir les poignets, sans le quitter des yeux.


"...Ainsi soit-il. J'accepte."


Il se leva, l'occasion pour la salle entière de voir que, comme de coutume, sous une capeline de velours noir, une grande lame fine, une rapière de facture espagnole à la garde ouvragée et élégante était sagement rangée dans son fourreau précieux, son éclat argenté reflétant celui de son regard, glacial et sans appel, avec une touche de fureur et de fierté. Une fierté impériale, implacable, piquée au vif, vengeresse. Un murmure d'incertitude traversait la salle. Il jeta un regard désintéressé à ses diplomates associés.


"Ne perdons pas plus de temps que nécessaire. Déterminez les clauses en attendant."


D'un geste de cape sec et flamboyant à la fois après avoir fixé le néerlandais dans le fond des yeux avec une défiance calme, il lui tourna le dos et quitta la salle. Il savait que derrière, une cour calme les attendait, une cour sans fenêtre, loin des témoins et des regards indiscrets, ce qui déclencha une vague de soupirs légèrement déçus. Si le néerlandais voulait avoir une chance de l'embrocher avec une épée, il se devrait de le suivre.

Le gamin voulait jouer aux échecs avec les grands?

Le jeu serait grandeur nature.
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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Lun 13 Fév - 1:01

These wings are drenched
From ambivalence, a slow descent

Attentif aux moindres détails, le hollandais ne manqua pas de discerner l'effritement du masque de porcelaine qui ornait le visage élégant de l'autrichien. Une sensation plaisante lui parcourut l'échine : voilà ce qu'il attendait d'un adversaire. Sa véritable nature, des paroles attisées par la colère pure, la vérité nue. Il lui avait fallu attendre de trop longues heures et souffrir beaucoup trop de discussions pour y parvenir, mais maintenant ils pourraient avancer sur un chemin qui lui plaisait. Il savait qu'il ne contrôlait toujours pas la situation, et il se pouvait qu'il ne la contrôle jamais, malgré la rage qu'il avait sentie dans les mots de l'autre nation ; mais au moins n'aurait-plus l'impression de perdre simplement parce qu'il n'avait pas le don de contrôle de soi et du beau verbe. Une lutte égale de la colère face à la colère. Voilà tout ce qu'il demandait : de l'honnêteté dans l'émotion.

Fallut-il mentionner Espagne pour en arriver là.
Le hollandais ne se préoccupait plus des interactions humaines et sentimentales qui se tramaient entre la nation méditerranéenne et l'autrichien, mais il n'était pas étranger aux évolutions de la situation géo-politique les concernant et il savait que celle-ci n'aidait en rien à la stabilité européenne. Il savait que son nom lui évoquerait un passé révolu, une paix qui ne reviendrait pas avant des siècles, et la chute d'un empire qui leur avait longtemps apporté fierté et gloire mais qui faisait déjà partie de l'Histoire ancienne. Il n'aurait aucun scrupule à lui rappeler encore s'il le fallait, si cela suffisait à le faire sortir de ses gonds et révéler les vices enfouis en lui qui pourraient le perdre. Se battre en duel sous l'emprise d'une quelconque pensée négative ne le mènerait à rien de bon. Si cette stratégie risquait aussi de décupler les forces et la motivation de son adversaire, ce n'était pas l'inquiétude qui étreignait le hollandais. Si les choses tournaient mal, les règles du duel lui deviendraient soudainement étrangères. Désobéir à l'ordre établi lui avait permis d'en arriver là où il avait pu aller, et il ne changerait pas les bonnes habitudes maintenant.

Autriche : "Je ne vais pas accepter ta requête de duel en échange de la vaine possibilité de garder une poignée d'écus et de territoires. Le futur de l'Europe ne se jouera pas sur une histoire d'avarice et de susceptibilité."

Avarice et susceptibilité. Le futur de chaque nation ne s'était pas joué uniquement sur ces variables depuis la nuit des temps ? Ils en étaient l'exemple absolu. Maarten aurait voulu cesser de froncer les sourcils et apaiser un instant les muscles de son visage, mais l'autrichien ne lui en laissait pas le loisir.  Alors il s'était rassis lentement et avait rallumé sa pipe, qu'il fumait avec une patience toute maîtrisée, inspirant chaque goulée de fumée à un rythme posé, pour compenser son rythme cardiaque trop rapide, accéléré par l'adrénaline. Et si sa mauvaise humeur luisait dans ses yeux et transpirait de chaque pore de sa peau, il ne tremblerait pas.
Il laissait l'autrichien répondre à son "pénible monologue" par un monologue tout aussi pénible, l'écoutant sans l'écouter, jusqu'à ce que cet espèce de misérable petit fourbe lui renvoie la balle sans même prendre la peine de la déguiser ; il ne fallait pas qu'il réagisse. Maarten savait que son ascension vers les richesses et les pays lointains l'avait éloignée de sa petite soeur autrement plus précieuse qu'il n'avait pas voulu la laisser aux mains d'Espagne et qu'elle était une alliée stratégique ; mais devant sa résistance à ses conseils, il avait été contraint de l'abandonner, ou elle l'avait rejeté, il ne se souvenait plus. Il avait depuis entretenu l'image de cette nation lointaine qui n'avait plus de temps à perdre avec elle, et qui ne revenait que pour échanger dans le plus strict jargon professionnel. Il n'avait plus accordé de crédit qu'à l'or. Seules les heures sombres de la nuit, Dieu et les pages de ses journaux de bord savaient à quel point il l'aimait. Et maintenant, elle allait être ravagée par les lubies de cet infâme gaulois sans qu'il ne puisse rien faire, ou presque, sans avoir à signer de stupides traités avec une nation qu'il ne pouvait pas supporter, qui lui rappelait son passé détestable, qui lui rappelait ses faiblesses, qui lui rappelait qu'il n'était jamais qu'un enfant capricieux qui tentait tant bien que mal de lutter contre des forces qui le dépassaient.

Le simple fait de le regarder retirer ses gants, maniéré et précieux, lui donnait envie de lui briser les dents. Feindre la politesse et la diplomatie, c'était intérioriser qu'au fond, ce bouffon du roi maladroitement déguisé en empereur, il ne pouvait pas le voir en peinture.

Autriche : "Ne perdons pas plus de temps que nécessaire. Déterminez les clauses en attendant."

Les participants peinaient à cacher leur déception de ne pas être invités à observer la petite sauterie, et les conseillers hollandais essayaient pourtant de tout leur être d'empêcher leur nation de se lancer dans pareille folie ; mais ils le connaissaient assez pour savoir que c'était trop tard pour reculer.

La petite cour dans laquelle l'avait conduit Autriche semblait effectivement déserte ; quelques tonneaux dans un coin se recouvraient de lichen depuis plusieurs années probablement, un chat errant traversa le sol aux dalles abimées rapidement jusqu'à sauter par-dessus un mur, et le hollandais marcha sans se presser jusqu'à l'autre côté, pour se tourner et faire face à son rival. Il avait toujours sa longue pipe blanche entre les doigts et il la cala entre ses lèvres pour enfiler des gants à son tour, avec le geste vif du paysan qui n'a pas de temps à perdre en mièvreries. Puis, sa main posée sur la garde, il expira quelques volutes de fumée blanche, la dernière expiration avant d'éteindre la pipe, qu'il rangea dans sa ceinture, avant d'observer les lieux, analysant l'endroit lentement. Ses yeux ne daignaient même pas se poser sur son adversaire quand il se décida à grogner quelques mots.  

Provinces-Unies : "Tu aurais pu te contenter de signer."

Il finit tout de même par le regarder, avec un air de profond mépris gravé sur ses traits durcis par des années en mer à se fuir lui-même.

Provinces-Unies : ""Avarice et susceptibilité", n'est-ce pas ? Tu sais que ce sont ces deux maux qui ont détruit Espagne. Tu sais que c'est pour ça que tu l'as perdu."

La satisfaction de savoir Espagne au fond du gouffre et pouvoir utiliser cet argument pour faire perdre son calme à Autriche n'avait pas de prix. Oubliant un instant les conséquences d'une potentielle hégémonie française, il s'autorisa à se laisser aller à cette conclusion agréable : l'empire Habsbourg n'était plus. Si Maarten avait brûlé ce qu'il avait adoré, Roderich n'avait plus le loisir de l'adorer non plus. Infime petite goutte de nectar doux se mêlant au fiel acide qui emplissait ses poumons depuis quelques heures, ou qui macérait là depuis des lustres.

Provinces-Unies : "Et c'est à cause d'eux que tu vas perdre aujourd'hui. Ou bien tu vas perdre simplement parce que tu as réussi à me mettre de très mauvaise humeur et que nous avons déjà perdu assez de temps. En garde."

Il sortit son épée de son fourreau, sans se montrer trop impatient encore, mais son agressivité ne demandait qu'à se libérer. Défaite ou victoire, il sentait qu'il avait besoin de se défouler avant de vraies batailles.
Juste finir cette petite partie sur une victoire.
Terminer cette journée détestable sur une note positive.
Il avait simplement oublié qu'il n'avait jamais su jouer aux échecs.
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Autriche


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MessageSujet: Re: Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]   Ven 17 Fév - 0:10
L'air vif qui emplissait ses poumons était un contraste bienvenu à cette salle poussiéreuse aux effluves lourdes de parfum, de poussière et de tabac. Il étouffait, là-dedans. Il étouffait, toujours. Tous, ils parlaient et complotaient jusqu'à l'asphyxie assurée. Comme d'habitude, c'étaient les plus malins et les plus endurants qui résistaient et gagnaient. Et il en faisait partie.

Loin des regards indiscrets et pressants de cette carriole de diplomates quelconques, il se laisse respirer un moment, baisser une sorte de garde pour en dresser une autre. Le masque tombait et un autre s'érigeait sans que l'on ne sache si ce n'était qu'un leurre ou une expression véritable. Au dehors, en ce temps blafard et terne, la pâleur d'un teint peu accoutumé aux intempéries s'accentuait alors que la brise colorait un peu plus ses joues par contraste, et son habit noir se détachait contre la pierre grise alors que le vent dérangeait quelques mèches brunes. Moins grand que son adversaire, probablement, moins fort physiquement, sans aucun doute de ce côté là. Ceci étant, ses gestes étaient mesurés et confiants, son pas assuré en mesurant mentalement leur distance par rapport au duel, qu'ils soient ni trop près, ni trop loin, prenant un peu en avant.

Un léger sourire aux lèvres; un regard bleu sombre qui le dévisageait avec une colère patiente, comme s'il se trouvait face à un élève à réprimander. En dehors de la semi-pénombre mordorée d'éclairage à la bougie, loin des belles paroles et du spectacle, il avait un peu plus de cette franchise sans raffinement ni manières que le néerlandais avait tant voulu révéler.

Il le regarda marcher jusqu'à lui faire face, et se demande un court instant s'il n'a pas eu tort de remettre la nation marchande à sa place alors qu'il enfilait ses gants comme une brute, sans égards pour les gestes délicats et préliminaires du duel, qui ne ferait jamais de façons et ne jouerait jamais d'anticipations, comme lui.

"Tu aurais pu te contenter de signer."

Et pourtant le mépris dans son regard et la frustration marquée de ses paroles ne lui donnaient aucun doute - il voulait lui faire mordre la poussière pour son insolence, et se délecterait de faire perdre son temps pour les singeries qu'il avait à subir de sa part. Oh, il pouvait avoir grandi...mais ce n'était encore qu'un gamin hébété devant un échiquier à ses yeux. Et son regard le reflétait sans se dissimuler, maintenant qu'ils étaient à l'abri des regards.

"Avarice et susceptibilité", n'est-ce pas ? Tu sais que ce sont ces deux maux qui ont détruit Espagne. Tu sais que c'est pour ça que tu l'as perdu. Et c'est à cause d'eux que tu vas perdre aujourd'hui. Ou bien tu vas perdre simplement parce que tu as réussi à me mettre de très mauvaise humeur et que nous avons déjà perdu assez de temps. En garde."

Encore une pique espagnole, qui, cette fois, lui arracha un sourire empli de dérision et de mépris pour sa tentative d'enfoncer le couteau dans la plaie. Pensait-il l'avoir encore de cette façon? Cette colère augmenterait son désir de vengeance, le canaliserait. Il connaissait ses forces et ses faiblesses; l'agression et la technique frontale ne lui correspondaient pas. Ce qui lui correspondait c'était d'être hypocrite, rapide, imprévisible, d'attendre le bon moment pour frapper plutôt que de porter cinq coups sans succès. Il savait que Pays-Bas ne pouvait comprendre les subtilités sournoises qui définissaient ce jeu; ce n'était pas un combat, c'était une commedia dell arte.


"Je me serais contenté de signer si tu n'avais pas été d'aussi mauvaise grâce. Certaines choses ne changent jamais, semble-t-il."


Léger instant de flottement, un sourire amer, presque franc, repensant au gamin insolent mais intimidé qu'il était. C'était étrange; pendant longtemps il pensait qu'il avait besoin que quelqu'un d'autre lui arrive à la cheville, d'enseigner, de protéger. Au final, ce paternalisme n'était que possessivité; l'affection et la protection n'était que contrôle.


"Tu devrais éviter de porter un deuxième coup d'affilée au même endroit, surtout lorsqu'il n'est pas aussi efficace que tu l'imagines."


Un autre masque de tombé; plus de vouvoiement. Peut-être de nouveau, plus tard, quand il n'agirait plus comme un enfant gâté. quand il serait sage. Ou quand il apprendrait à mentir entre ses dents tout aussi bien que lui.


"Et c'est plutôt en faisant preuve de généralisations naïves dans sa stratégie que l'on finit par perdre."


Il ramena la lame à son côté d'un geste précis, un léger sifflement fendant l'air, avant de se mettre en garde, la posture élégante mais précise. En fixant le néerlandais dans le fond des yeux, une stratégie se définissait dans son esprit, les anciens réflexes revenant assez facilement. Les règles du jeu à la portée de ses pas, d'un vif mouvement de poignet. Il feindrait un pas en avant puis le raviserait. Histoire de taper sur les nerfs de son adversaire - déstabiliser.
Il savait que le néerlandais avait hâte de frapper - mais le premier coup était toujours le plus compromettant. Alors il s'avancerait d'un pas vif et feindrait ensuite de viser la poitrine, mais rabattrait au dernier moment sa lame sur les côtes, d'un simple mouvement de poignet contournant le bras venu parer le coup ou le contrer.
Soit le néerlandais se braquerait à défendre la zone de la poitrine et il marquerait son coup sur les côtes, soit il foncerait vers lui de son côté -auquel cas il aurait normalement suffisamment pour esquiver de l'extérieur. Et en exécutant les deux premières étapes de ce plan, le plus important - c'était de fixer droit dans les yeux. D'un côté pour ne pas trahir ses intentions. De l'autre, pour lui montrer son intention bien précise - l'humilier comme il se devait pour avoir refusé de rester à sa place. Pour avoir refusé de jouer le jeu - son jeu.
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Traité de la Barrière [Autriche & Pays-Bas]

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